AG à distance ou en présentiel ? Le point sur les meilleures pratiques en 2025
- Renaud Malinconi
- 24 juin
- 5 min de lecture
L’assemblée générale (AG) de copropriété est un moment décisif de la vie collective d’un immeuble. C’est là que se prennent les décisions importantes : vote du budget, travaux, changement de syndic, approbation des comptes ou encore répartition des charges. Longtemps cantonnée à un modèle unique en présentiel, l’AG a connu une véritable révolution depuis la crise sanitaire de 2020. La loi ELAN puis l’ordonnance de 2020 ont introduit la possibilité d’organiser des AG en visioconférence ou par correspondance, bouleversant les habitudes de gestion des copropriétés.
En 2025, ces formats alternatifs sont désormais pleinement intégrés dans les textes réglementaires, mais leur mise en œuvre reste inégale sur le terrain. Certaines copropriétés les ont adoptés durablement, d’autres y voient encore une solution de repli, tandis que beaucoup peinent à s’y retrouver entre contraintes techniques, enjeux juridiques et préférences individuelles des copropriétaires. Le choix du mode de tenue d’une AG ne doit pourtant rien au hasard. Il dépend de nombreux facteurs : taille de la copropriété, niveau d’implication des résidents, accès au numérique, sujets à l’ordre du jour, mais aussi des outils disponibles et de l’accompagnement du syndic ou d’un prestataire comme Copro Assistance.
Alors, faut-il privilégier l’AG en présentiel pour favoriser le débat, ou opter pour la visioconférence afin de maximiser la participation ? Quels sont les avantages et inconvénients de chaque formule ? Et surtout, quelles sont les obligations légales à respecter ? Cet article fait le point sur les bonnes pratiques à adopter en 2025 pour une AG efficace, conforme au droit, et réellement représentative de l’intérêt collectif.
1. Les avantages comparés des AG en présentiel, en visio et par correspondance
Organiser une AG en présentiel reste la norme pour de nombreuses copropriétés, notamment les plus petites ou celles dont les occupants sont majoritairement âgés. Ce format favorise l’échange direct, la compréhension des enjeux et le débat en temps réel. Il est particulièrement adapté lorsqu’il s’agit de discuter de sujets complexes ou conflictuels, comme des travaux lourds ou un changement de syndic. Il permet aussi de maintenir le lien social entre copropriétaires. Toutefois, il suppose une disponibilité physique, ce qui peut limiter la participation, notamment pour les résidences secondaires ou les propriétaires bailleurs.
L’AG en visioconférence, autorisée de manière pérenne depuis 2021, a gagné en popularité. Elle permet une participation à distance, via une plateforme numérique sécurisée. Ce format est plébiscité dans les grandes copropriétés ou les immeubles où de nombreux copropriétaires vivent à distance. Il réduit les coûts de location de salle, simplifie l’organisation logistique, et peut favoriser la participation. Cependant, il nécessite une infrastructure technique solide : plateforme dédiée, convocation claire avec lien de connexion, vérification de l’identité des participants, et capacité à voter en ligne. Il faut aussi anticiper les difficultés de connexion ou les réticences de certains copropriétaires.
L’AG par correspondance, quant à elle, repose sur l’envoi préalable d’un formulaire de vote.
Elle garantit la tenue d’une AG même en cas d’impossibilité de se réunir. Elle est idéale pour des ordres du jour simples, sans débat. Mais elle ne permet pas d’échanges en direct ni de modification des résolutions en séance. Elle est donc à éviter lorsque des discussions ou amendements sont prévisibles. En 2025, il est courant de combiner plusieurs formats (présentiel + visio + correspondance), mais cela nécessite une préparation rigoureuse pour garantir la validité juridique des décisions.
2. Obligations légales et organisation pratique : ce que dit la loi en 2025
En 2025, le cadre réglementaire autorise les AG hybrides, mais impose plusieurs obligations strictes. Pour une AG en visioconférence, la convocation doit mentionner explicitement le format choisi, inclure les modalités de connexion (lien sécurisé, mot de passe, plateforme utilisée) et informer les copropriétaires sur leurs droits de participation. Il est impératif de vérifier l’identité des participants et de s’assurer que les votes sont enregistrés de manière sécurisée et traçable. Le syndic ou l’organisateur doit désigner un président de séance, un secrétaire et un ou plusieurs scrutateurs, comme dans une AG classique.
Pour les AG par correspondance, le formulaire de vote doit être transmis avec la convocation, conformément à l’article 17-1 A de la loi du 10 juillet 1965. Ce formulaire doit permettre de voter pour ou contre chaque résolution, ou de s’abstenir. Une résolution est réputée adoptée si elle obtient la majorité requise, en tenant compte uniquement des bulletins valablement exprimés. Attention : en cas de quorum non atteint, une seconde convocation peut être nécessaire. L’ensemble des documents doit être archivé et consultable, notamment en cas de contestation postérieure.
Les copropriétés qui optent pour un format numérique doivent également veiller à la protection des données personnelles et à la confidentialité des échanges. Le recours à des plateformes sécurisées est indispensable. Copro Assistance peut accompagner les conseils syndicaux dans le choix de l’outil, la rédaction des convocations, l’organisation de la séance et la gestion post-AG. L’enjeu est de garantir à la fois la conformité légale et la fluidité organisationnelle.
Enfin, toute décision prise dans un format non conforme est susceptible d’être annulée en justice. Il est donc essentiel d’être rigoureux, et de s’entourer des bonnes compétences, notamment en cas de syndic bénévole ou de copropriété autogérée.
3. Comment choisir le bon format selon le profil de la copropriété ?
Le choix du mode d’AG ne doit pas se faire à la légère. Il doit résulter d’une analyse précise des besoins, des contraintes et du profil des copropriétaires. Pour une petite copropriété avec une bonne entente entre voisins et une forte implication locale, l’AG en présentiel reste souvent la meilleure option. Elle permet de maintenir le lien humain, de discuter librement, et de désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.
À l’inverse, dans une grande copropriété, où les copropriétaires sont dispersés géographiquement ou peu disponibles, le recours à la visioconférence peut booster la participation. Il n’est pas rare de constater une hausse significative du taux de présence lorsqu’une solution numérique est proposée. Cela permet aussi aux bailleurs, souvent absents, de rester impliqués dans la vie de la copropriété. Encore faut-il que tous les copropriétaires soient à l’aise avec l’outil et que l’assistance technique soit bien assurée.
Pour les copropriétés confrontées à des sujets simples (validation des comptes, budget courant), une AG par correspondance peut suffire, à condition que les copropriétaires soient informés en amont. En revanche, dès que des projets sensibles sont à l’ordre du jour — travaux, changement de syndic, recours contentieux — il est recommandé de favoriser l’échange en direct. Dans ce cas, une AG hybride peut être idéale : les copropriétaires disponibles assistent en présentiel, les autres se connectent en visio, et les absents votent par correspondance.
Copro Assistance peut conseiller les copropriétés sur le meilleur format à adopter, selon leurs spécificités, et les accompagner pour que l’AG se déroule dans les meilleures conditions, tant sur le plan juridique qu’organisationnel.
A retenir
L’assemblée générale est le cœur battant de la démocratie en copropriété. En 2025, elle se réinvente sous des formes multiples, mais son objectif reste inchangé : prendre collectivement les décisions qui façonnent l’avenir de l’immeuble. Choisir entre présentiel, visio ou correspondance ne doit pas être une décision technique ou par défaut, mais un choix stratégique, aligné avec les réalités de la copropriété et les enjeux de l’ordre du jour.
Chaque format présente des avantages et des limites. Le défi est de trouver celui qui garantit à la fois la participation, la transparence, la sécurité juridique et l’efficacité décisionnelle. Cela suppose de bien connaître les règles, de s’appuyer sur les bons outils, et de bien préparer les copropriétaires. L’AG n’est pas un simple rituel administratif, c’est un temps fort qui engage juridiquement la communauté.
Copro Assistance, en tant que partenaire des syndics bénévoles et des conseils syndicaux, propose une approche sur mesure pour chaque copropriété : préparation des convocations, conseils juridiques, accompagnement technique, modération des débats ou même aide à la rédaction du procès-verbal. Grâce à cet appui professionnel, les copropriétés peuvent transformer l’AG en un levier de cohésion, de clarté et d’action. Dans un monde de plus en plus connecté et exigeant, la réussite d’une AG ne tient plus seulement à la salle choisie, mais à la qualité de son organisation. Mieux vaut être bien accompagné que mal préparé.


